Conseils de fin d’année 2025 : Impôt des sociétés

L'année 2025 touche à sa fin. C'est le moment idéal pour envisager quelques optimisations importantes dans le domaine de l'impôt sur les sociétés. Dans cet article, vous découvrirez quelques conseils pratiques de fin d'année et des réflexions sur l'impôt des sociétés.

04/12/2025

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14,4 min read

1. Réserve de liquidation

À partir de 2026, les règles relatives à la réserve de liquidation changent radicalement.

Réserves créées jusqu’au 31/12/2025

Pour les réserves de liquidation constituées jusqu’à la fin de 2025, le régime actuel reste inchangé. Cela signifie que lors de la constitution d’une réserve de liquidation, un prélèvement distinct de 10 % sera d’abord dû, puis – après une période d’attente de cinq ans – la réserve pourra être distribuée au taux de 5 % de précompte mobilier.

Pour les réserves de liquidation distribuées ou mises en paiement à partir du 29er juillet 2025, le législateur a prévu un choix supplémentaire. Outre le système « classique », qui prévoit l’application d’un précompte mobilier de 5 % après un délai d’attente de cinq ans, les sociétés peuvent également opter pour un délai d’attente raccourci de trois ans, assorti d’un précompte mobilier de 6,5 %. Cette deuxième option offre aux entreprises et à leurs actionnaires une plus grande flexibilité lorsqu’une distribution plus rapide est souhaitée, bien qu’elle s’accompagne d’une charge fiscale légèrement plus élevée.

Si la réserve de liquidation est distribuée dans les trois ans suivant sa constitution, un taux de 20% de précompte mobilier s’applique. En cas de distribution lors de la liquidation de la société, aucun précompte mobilier n’est prélevé.

Réserves créées à partir du 01/01/2026

Les réserves de liquidation créées à partir du 1er janvier 2026 seront soumises à un délai d’attente standard de 3 ans (au lieu de 5 ans) et à un taux de précompte mobilier de 6,5 %. La cotisation de 10 % lors de la constitution de la réserve sera maintenue, ce qui portera la charge fiscale totale à 15 %.

Ces « nouvelles » réserves de liquidation sont-elles distribuées avant le délai d’attente de 3 ans ? Dans ce cas, il s’agit d’une distribution de réserves normales et le précompte mobilier s’élève à 30 %.

Un taux de 0 % est maintenu pour la distribution des réserves de liquidation lors de la liquidation de la société.

Aperçu des tarifs à partir de 2026

Date de création Réserve de liquidation Période de distribution Taux de PRM
Avant le 31/12/2025 ≥ 5 ans 5%
Avant le 31/12/2025 ≥ 3 ans 6,5%
Avant le 31/12/2025 < 3 ans 20%
Après le 01/01/2026 ≥ 3 ans 6,5%
Après le 01/01/2026 < 3 ans 30%

Si votre planification financière le permet, envisagez de ne pas accélérer la distribution des réserves existantes. Vous continuerez ainsi à bénéficier du taux réduit de 5 %. Dans certains cas particuliers (par exemple, lorsque l’actionnaire a besoin de liquidités supplémentaires à court terme), une distribution après trois ans au taux de 6,5 % peut être une alternative à envisager.

L’accord budgétaire du 24 novembre 2025 qui vient d’être annoncé prévoit que les taux réduits relatifs aux réserves de liquidation et aux dividendes VVPR bis passeront de 15 % à 18 %. Normalement, une mesure transitoire sera introduite, qui empêchera une distribution anticipée avant la fin de l’année 2025. Cette mesure n’a pas encore été transposée en un texte de loi, de sorte que la mise en œuvre pratique n’est pas encore connue. Gardez un œil sur notre site web pour des mises à jour sur cette question.

2. Taxe sur les plus-values

Le nouvel impôt sur les plus-values est l’une des questions fiscales les plus discutées de l’année écoulée. Vous en trouverez ci-dessous un bref aperçu. Pour une discussion plus approfondie, veuillez vous référer à l’article suivant : Taxe sur les plus-values des actifs financiers à partir de 2026 : impact sur les investisseurs et les entrepreneurs.

Champ d’application

Les règles relatives à l’imposition des plus-values ne s’appliquent que dans le cadre de l’impôt des personnes physiques et de l’impôt des personnes morales. Les sociétés ne sont pas concernées par cette mesure.

Les contribuables sont des personnes physiques, des organisations sans but lucratif ou des fondations qui possèdent ou détiennent des actifs financiers. Le terme « actifs financiers » est interprété au sens large et comprend :

  • Instruments financiers tels que les actions, les obligations et les produits dérivés
  • Certains produits d’assurance-vie
  • Les crypto-actifs au sens large
  • Espèces, y compris l’or d’investissement.

En outre, seules les plus-values résultant de la gestion normale du patrimoine privé sont concernées par cet impôt. Les plus-values résultant d’activités professionnelles ou d’une gestion anormale sont imposées séparément.

Enfin, seules les plus-values réalisées à partir du 1er janvier 2026 sur les cessions à titre onéreux seront taxées. Les plus-values historiques réalisées jusqu’au 31 décembre 2025 restent exonérées si elles remplissent les conditions requises, sauf s’il s’agit de « plus-values internes » (voir ci-dessous).

3 régimes

Dans le cadre de la nouvelle taxe sur les plus-values, vous devez considérer trois régimes distincts.

1. Les plus-values internes

Tout d’abord, il y a les plus-values internes, qui surviennent lorsque des actions sont transférées à une société contrôlée par le cédant, éventuellement avec des parents proches (jusqu’au deuxième degré). Ces transactions sont imposées à un taux forfaitaire de 33 % sans aucune exonération ou exception, y compris pour les plus-values historiques.

2. Plus-values importantes

Deuxièmement, un régime de participation substantielle s’applique. Une participation est considérée comme substantielle si le contribuable possède au moins 20 % des actions d’une société. Ces plus-values sont progressivement imposées à des taux allant de 0 à 10 %, avec une première tranche d’exonération de 1 million d’euros par période de cinq ans.

Le seuil de 20 % est strictement évalué sur une base individuelle au moment du transfert. Les unités qui sont tombées sous le seuil de 20 % en raison d’une dilution échappent automatiquement à ce régime.

Lors de la cession d’actions d’une société belge à une entité juridique non-membre de l’EEE avec une plus-value supérieure à 1 million d’euros, un taux distinct de 16,5 % s’applique.

3. Le régime standard

Enfin, tout ce qui n’entre pas dans ces catégories relève du régime normal. Ce régime normal applique un taux forfaitaire de 10 % et une exonération annuelle (indexée) de 10 000 euros, qui peut atteindre un maximum de 15 000 euros si elle n’est pas entièrement utilisée.

Calcul des plus-values

La plus-value imposable est déterminée par la différence entre le prix de vente et la valeur d’acquisition des immobilisations financières concernées. Le prix de vente peut être constitué d’espèces, de titres ou d’une autre forme de contrepartie. La valeur d’acquisition correspond généralement au prix d’achat initial. Les coûts et les taxes tels que les taxes boursières ou les frais d’évaluation ne sont pas inclus dans le calcul. Les moins-values éventuelles ne peuvent être déduites qu’au sein de la même catégorie et de la même période imposable.

Comme indiqué précédemment, le législateur ne vise la croissance de la valeur qu’à partir du 1er janvier 2026. Pour les immobilisations financières déjà détenues, le 31 décembre 2025 est le point de départ. La valeur au 31 décembre 2025 peut être déterminée comme suit :

  • Pour les actions cotées en bourse : le prix au 31 décembre 2025
  • Pour les actifs financiers non cotés, la plus élevée des valeurs suivantes :
    • Le prix payé par un tiers indépendant en 2025 ou la valeur utilisée lors de la constitution ou de l’augmentation de capital en 2025
    • La valeur déterminée sur la base d’une formule incluse dans un contrat d’offre encore applicable au 1er janvier 2026
    • Fonds propres plus 4 fois l’EBITDA du dernier exercice clôturé avant le 1er janvier 2026 (formule fixe)
    • Une évaluation au 31 décembre 2025 par un réviseur d’entreprise (qui n’est pas le commissaire aux comptes) ou un expert-comptable indépendant au plus tard le 31 décembre 2027.

Fin d’année

Pour minimiser les plus-values imposables, nous vous recommandons de ne pas verser de dividendes à partir du 31 décembre 2025. La rétention des bénéfices permet d’augmenter la valeur de la société et de réduire les moins-values. Veuillez noter que les plus-values internes ne bénéficient pas de l’exonération des plus-values historiques. Ainsi, les augmentations de valeur dues à des plus-values antérieures ne peuvent pas être réalisées en exonération d’impôt dans le cadre d’une transaction interne. En outre, l’exonération de l’impôt sur les plus-values est mise à l’épreuve dans les restructurations où les transferts internes d’actions ont lieu alors que le vendeur conserve le contrôle, car il n’y a pas de véritable transfert de propriété. Compte tenu du durcissement des règles, il est judicieux d’accélérer les transferts prévus ou de revoir les structures existantes. Vous éviterez ainsi les surprises fiscales.

En raison des changements importants apportés aux nouvelles règles, nous vous recommandons toujours de demander l’avis de votre conseiller fiscal. Il vous fournira des informations précises et vous assurera que vous êtes en parfaite conformité avec vos obligations fiscales.

3. Déduction pour investissement

La déduction pour investissement est une mesure fiscale qui encourage les entreprises à investir dans certaines nouvelles immobilisations. La déduction pour investissement a été réformée, avec trois volets utilisés pour les investissements à partir du 1er janvier 2025. Pour chaque volet, un pourcentage fixe s’applique légalement, remplaçant les pourcentages qui étaient indexés annuellement dans le passé.

Nous vous renvoyons à nos articles déjà publiés qui traitent en détail des déductions pour investissement (La déduction pour investissement fait peau neuve à partir du 1er janvier 2025). Vous y trouverez également les listes d’accompagnement des investissements éligibles à cette déduction (Nouvelle déduction pour investissement : publication des listes comprenant les investissements éligibles).

Compte tenu des projets du gouvernement de porter à 40 % le taux de 30 % applicable aux « grandes » entreprises dans le cadre de la déduction thématique renforcée (taux qui s’applique déjà aux « petites » entreprises), les investissements dans l’énergie, les transports sans carbone et d’autres investissements respectueux de l’environnement pourraient bénéficier d’un report jusqu’à l’entrée en vigueur des nouvelles règles.

4. Prix de transfert

À l’approche de la fin de l’année, il convient de jeter un regard neuf sur les politiques de prix de transfert au sein de votre entreprise. Les prix de transfert constituent l’ensemble des règles visant à garantir que les entreprises (liées) d’un groupe international appliquent mutuellement des prix basés sur le marché et répartissent correctement les bénéfices dans les transactions intragroupes.

Le principe de base est que les prix appliqués doivent être basés sur le marché, comme si les transactions avaient lieu entre des tiers indépendants dans les mêmes circonstances. C’est ce qu’on appelle le principe de pleine concurrence. Si les prix et les bénéfices entre entreprises indépendantes sont généralement déterminés dans des conditions de pleine concurrence, cela est moins évident au sein d’un groupe de sociétés. En effet, les prix et la répartition des bénéfices au sein d’un groupe peuvent être motivés par des raisons fiscales ou comptables. Cela augmente le risque de double imposition et de formes d’évasion fiscale.

Les prix de transfert figurent depuis longtemps parmi les priorités des administrations fiscales nationales et étrangères. La manière dont les groupes internationaux structurent leurs transactions a une incidence directe sur la répartition des bénéfices du groupe entre les pays et, partant, sur leurs recettes fiscales. Pour les entreprises qui effectuent régulièrement des transactions intragroupes, il est donc essentiel de concevoir une politique de prix de transfert durable et cohérente.

Nous soulignons les aspects ci-dessus parce que les transactions inter-sociétés sont souvent traitées en fin d’année. Il est important de veiller à ce que ces transactions soient correctement justifiées afin que la documentation nécessaire puisse être présentée lors d’un éventuel audit.

5. Versements anticipés et investissements en tax shelter

Si votre entreprise n’a pas effectué suffisamment de versements anticipés d’impôts au cours de l’année, une majoration d’impôt de 6,75 % est applicable. En effectuant des versements anticipés suffisants et en temps voulu, votre entreprise peut neutraliser cette augmentation d’impôt. Veillez donc à mettre en œuvre une stratégie de versement anticipé optimale !

Pour les exercices qui coïncident avec une année civile, la dernière échéance pour un versement anticipé est fixée au 22 décembre 2025.

Le régime du tax shelter pour le secteur de l’audiovisuel, de la scène et des jeux vidéo peut également constituer un complément ou une alternative utile à votre stratégie de versement anticipé. C’est particulièrement vrai lorsque la dernière échéance de versement anticipé est dépassée : le tax shelter s’avère alors un outil utile pour neutraliser encore (en partie) une éventuelle majoration d’impôts. En effet, il suffit de signer un accord-cadre avant la fin de l’année, même si le paiement effectif n’intervient qu’au cours d’un exercice ultérieur.

6. Fiscalité automobile

Il y a quelques années, les règles de taxation des voitures ont été considérablement modifiées dans le cadre du verdissement de la mobilité.

La date-pivot de l’entrée en vigueur de ces nouvelles règles est le 1er janvier 2026. À partir de cette date, vous devrez prendre en compte les points d’attention suivants :

  • Le régime de déduction existant sera maintenu pour les véhicules de société achetés, pris en leasing ou loués avant le 1er janvier 2023.
  • À partir de l’exercice d’imposition 2026, un scénario de sortie progressive (voir ci-dessous) est prévu pour les voitures de société achetées, prises en crédit-bail ou louées entre le 1er juillet 2023 et le 31 décembre 2025.
  • À partir du 1er janvier 2026, les véhicules de société achetés, pris en leasing ou loués dont les émissions de CO2 sont supérieures à zéro ne seront plus déductibles pour les employeurs.
  • Les véhicules de société sans émissions restent déductibles à 100 % fiscalement.
  • À partir de 2026, le régime dérogatoire selon lequel, pour les déplacements domicile-travail, les frais déductibles sont fixés à un taux forfaitaire de 0,15 € par kilomètre ne s’appliquera qu’aux véhicules de société sans émissions de carbone et aux véhicules de société soumis au scénario de sortie ou de maintien des droits acquis.

Scénario de sortie

Le scénario de sortie mentionné ci-dessus implique que le régime de déduction existant continuera d’être appliqué temporairement, mais que les limites inférieures de 40 et 50 % pour les voitures émettant au moins 200 grammes de CO2 par kilomètre et celles émettant moins de 200 grammes de CO2 par kilomètre, respectivement, ne s’appliqueront plus.

En outre, une limite supérieure de 75 % sera introduite, tombant ensuite à 50 % pour l’exercice d’imposition 2027, à 25 % pour l’exercice d’imposition 2028, pour arriver finalement à une déduction nulle à partir de l’exercice d’imposition 2029.

À partir de l’exercice d’imposition 2029, les voitures achetées, prises en crédit-bail ou en location entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025 sont donc soumises au régime général de déduction visé à l’article 66, §1er, alinéa 1er, CIR 92.

Bien entendu, ce scénario de sortie progressive ne s’applique qu’aux voitures émettant du CO2. Tous les véhicules à zéro émission resteront déductibles à 100 %, quel que soit leur mode d’acquisition.

Si vous envisagez d’acheter ou de louer une nouvelle voiture au sein de votre entreprise dans un avenir proche (sous la forme d’une voiture hybride ou à moteur à essence), vous feriez bien de régler cette question avant la fin de cette année. Si vous achetez ou louez une telle voiture en 2026, tous les coûts associés ne seront pas déductibles à 100 %.

Par souci d’exhaustivité, nous vous informons que la date d’achat d’une voiture est enregistrée à la date de signature du bon de commande de la voiture. Dans le cas d’un crédit-bail ou d’une location, elle est enregistrée à la date de signature du contrat de crédit-bail ou de location.

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Roel Van Ransbeke

Tax Manager

Marc De Munter

Marc De Munter

Tax Partner

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